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Sea the Stars vedette des ventes : Karl Marx avait finalement raison !

19/11/2011

Les 1e foals de Sea The Stars ont réalisé un carton spéctaculaire lors des ventes de Goffs en Irlande. Cela vient pourtant à contre-courant total de la pensée actuelle, qui ne jure que par la vitesse et la précocité. La lutte des classes est de retour....

 

Karl Marx aurait-il raison, un siècle après, dans le registre de l'argent honni par ce fils de bourgeois allemand passé de l'autre côté de la barrière ? La Lutte des classes existe bel et bien et s'exprime dans le monde du galop avec de joyeux paradoxes, comme ce qu'il vient de se passer aux Goffs en Irlande de npvembre 2011. Ainsi, le climat actuelle veut, sinon exige, que la vitesse et la précocité soit les deux nouvelles mamelles du destin des courses françaises. Chaque haras, petit ou grand, recrute actuellement son cheval de "vitesse et précocité" et il s'agit désormais de se creuser la tête pour trouver des synonymes dans les slogans. La France a longtemps été hermétique à ces notions, mais elle s'y met car c'est le programme des courses qui veut cela, donc l'argent...donc l'argent.

 

Sea The Stars, héros de l'Arc de Triomphe 2009, devient la vedette des ventes



Seulement voilà. Les faits objectifs de l'élite vont dans le sens complètement inverse. Non point que les riches de ce monde rêvent de Prix du Cadran (bien que tout le monde chante les louanges du stayer Yeats), mais l'incontestable meilleur étalon du monde est un pur classique. Galileo a gagné le Derby d'Epsom (Gr.1) sur les bons vieux 2400 mètres qui disent la vérité. Et il ne produit pas spécialement pour la "vitesse et la precocité". Dans le pédigrée de ce fils de Sadler's Wells (2e du Jockey-Club) et d'Urban Sea (Arc de Triomphe) il faut bien chercher pour trouver ce type de gène. En fouillant, on trouve le père d'Urban Sea, Miswaki (Mr Prospector) et la mère de Sadler's Wells, Fairy Bridge, bonne 2 ans en Irlande.

Le meilleur étalon du monde, et le plus convoité, sont des classiques

Voilà maintenant que le frère s'y met. Cadet de Galileo, Sea The Stars était un phénomène en course, capable de gagner sur 1600 m (les 2000 Guinées) mais meilleur sur plus long, d'où ses stupéfiantes performances dans le Derby d'Epsom et l'Arc de Triomphe. Il est par le miler Cape Cross, gros cheval protégée par une aura peu justifiée, dont il a pris surtout le modèle. Il fait la monte à 85.000 €, ce qui est une forte somme surtout lorsqu'il faut la payer non pas au poulain vivant mais au 1e novembre si jument pleine, point final. A ce tarif, Sea The Stars a eu une jumenterie exceptionnelle. Les 1e foals du marché font des top price, ce qui est logique, si ce n'est qu'en l'occurrence, les tarifs sont présentement énormes.

 

Ce foal, frère de Soldier of Fortune par Sea The Stars, a été vendu pour 850.000 € à Christopher Tsui, le propriétaire du père.

850.000 € pour un frère de Soldier of Fortune

Lot 734: frère de Soldier of Fortune (jeune étalon très prisé en France) avec une soeur de Sholokov (étalon vedette en Allemagne. Ici, c'est un pur pédigrée classique. Il a fait 850.000 €...C'est Sunderland Holding Inc. qui l'a acheté, c'est à dire Christopher Tsui, l'éleveur et propriétaire de Sea The Stars, par l'intermédiaire de John Clarke, ancien directeur du Haras National Irlandais qui avait été battu un peu plus tôt sur le lot 581 et a pris une "éclatante revanche".

Lot 581: une fille de Finsceal Beo (Mr Greeley), inusable championne entrainée par Jim Bolger, triple gagnante de Gr.1 (Marcel Boussac, 1000 Guinées de Newmarket, 1000 Guinées du Curragh). Elle a été acquise 800.000 € par John McCormack, un courtier irlandais qui travaille souvent pour les japonais ou pour Cheik Mohammed, et qui n'a pas voulu révélé l'identité du client en l'occurrence.

Lot 685: une soeur de Cuis Ghaire (Galileo), gagnante de 2 Gr.3 sur courtes distances, et placée des 1000 Guinées de Newmarket. Elle a été aussi achetée aussi pour 800.000 € par Mertoun Paddocks, c'est à dire Rob Speers pour le compte du turc Ibrahim Araci, qui s'est fait connaître au printemps en tant que propriétaire du bon 3 ans élevé par le Haras de la Reboursière et du Montaigu, Native Khan.

On peut noter que le 4e lot le plus cher est aussi un produit de Sea the Stars ! Ce lot 687 est le fruit d'un inbreeding osé de 2x3 sur Urban Sea puisque sa mère est par Galileo, le frère de Sea The Stars. Sa mère est la propre soeur de Teofilo. Or, ce Teofilo a eu les 5e et 6e prix les plus élevés de la vente de foals. Il a été le plus précoce des produits de Galileo. A la finale, et c'est sans doute une 1e mondiale, la même grand-mère (Urban Sea) revendique l'intégralité du top 6 d'une des plus grandes ventes de l'année !

 

Elle n'était pourtant pas un prix de beauté...mais Urban Sea, gagnante de l'Arc de Triomphe 1993, est à l'origine des 6 top price de la vente de foals de Goffs Irlande.


Les très riches sur plus long, les moins riches sur plus court

La lutte des classes pourrait donc bien se situer à cet endroit. Là où les très riches veulent la qualité, rien que la qualité, et là ou les moins riches veulent gagner de l'argent, tant que faire se peut, vite, en profitant du programme qui s'appuie à fond sur les jeunes chevaux, dans le but de faire tourner les effectifs et donc de faire racheter dans les délais les plus courts des chevaux aux propriétaires. En plus, en France, parmi les moins riches de cette catégorie, il y a les "chasseurs de primes". Souvent sortis de nulle part, ayant tout créer à la force du poignet (Alain Chopard, Alain Régnier, etc...) ils font bouillir la marmite en prenant leur propres étalons et se spécialisant dans la catégorie qui a le meilleur ratio financier par rapport aux risques et à la qualité exigée : les jeunes chevaux de plat.

Mais c'est ici qu'il faut se poser une question. Puisque tout le monde se focalise sur le marché de la vitesse et de la précocité, pendant longtemps dénigrée par les snobs nationaux, la concurrence jusque là maigre en France y deviendra fatalement très féroce. Par effet de vase communicant, le registre des 3 ans sur 2400 m sera vidé de nombreux combattants et deviendra donc un champ d'exploitation avec de la place.

 

Banimpire, jument classique, a été achetée 2,3 millions d'euros pour aller courir aux Etats-Unis.


Quelle concurrence restera-t-il sur 2400 m ?

C'est pour cela que les australiens achètent des fortunes des chevaux de handicaps améliorés qui ont de la tenue en France car ils n'en produisent plus sur place les sujets pour remplir le riche programme qui alimente la Melbourne Cup (remportée par Américain et Dunaden ces 2 dernières années). C'est aussi pour cela que Martin Schwartz investit la somme de 2,3 millions d'euros pour Banimpire, véritable jument de fer qui a couru 12 fois cette année, compte 5 victoires de Groupe de 2000 m à 2400 m plus une 2e place dans les Oaks d'Epsom (Gr.1). La jument est bien née (sa 3e mère est Detroit, gagnante de l'Arc de Triomphe), mais surtout elle est saine et il a une très bonne chance de faire un carton sur le circuit du gazon américain, très bien fait et richement doté.

Cette jument a été vendue par Jim Bolger, qui est reparti des ventes les poches pleines d'euros. En effet, c'est aussi lui, à travers son haras personnel Redmonstown Stud qui a vendu le top price des foals ainsi que le 3e prix et le 4e prix. Le comble est que seul le 2e prix lui a échappé, alors que c'est lui qui entrainait la mère Finsceal Beo. Dans le lutte des classes, il fait partie des vainqueurs.